Peine de mort: en Arkansas, les exécutions en série ont commencé

Un premier condamné a été mis à mort jeudi, après le rejet d'une demande de sursis. L'État souhaiterait procéder à sept nouvelles exécutions d'ici la fin du mois.
Dans l'Arkansas, les sédatifs manquent. L"Etat prévoit donc d'exécuter huit condamnés d'ici la fin du mois. afp.com/PAUL BUCK

En Arkansas, la bataille judiciaire contre la peine capitale n'a pas empêché les exécutions controversées de commencer. L'État a procédé jeudi à sa première exécution d'un condamné depuis près de dix ans, ont déclaré les autorités judiciaires.

Alors que l'Arkansas veut exécuter huit condamnés d'ici la fin du mois, Ledell Lee a donc été le premier à subir la peine capitale, après que la Cour suprême des Etats-Unis eut rejeté des demandes de sursis de dernière minute, déposées par l'organisation de défense des droits civiques Aclu.

Mis à mort un peu avant minuit, cet homme noir de 51 ans, condamné pour le meurtre d'une femme blanche en 1993, a reçu une injection mortelle composée de trois produits, dont l'un a soulevé un débat judiciaire.

Quatre des huit condamnés ont obtenu un sursis

Quatre des huit condamnés ont, eux, obtenu un sursis, parfois au dernier moment, alors que ces exécutions à la chaîne sont au coeur d'une intense bataille judiciaire. Ainsi, la Cour suprême des Etats-Unis avait mis son veto lundi à l'exécution de Don Davis, quelques minutes seulement avant sa mise à mort, et alors que l'homme avait déjà pris ce qui devait être son dernier repas.

Montage photo obtenu auprès du Département de l'administration pénitentiaire de l'Arkansas réalisé le 17 mars 2017 et montrant les condamnés à mort dont les exécutions ont été suspendues par une juge fédérale américaine le 15 avril 2017 afp.com/HO

Ce rythme inédit, est justifié par l'Etat par la péremption à la fin du mois d'une substance utilisée pour procéder aux injections mortelles. La procureure générale de l'Arkansas, Leslie Rutledge, entend suivre le programme du gouverneur et faire annuler les différents sursis. Jack Harold Jones et Marcel Williams le 24 avril, ainsi que Kenneth Williams le 27 avril, doivent être exécutés.

La bataille judiciciaire porte notamment sur l'utilisation d'un sédatif, le midazolam, censé rendre inconsciente la personne avant que d'autres produits provoquent un arrêt cardiaque. Mais ce produit a été critiqué pour son effet parfois insuffisant ce qui peut provoquer des souffrances.