La Petite Sirène de Copenhague en voit de toutes les couleurs

La statue de la Petite Sirène de Copenhague, au Danemark, a été aspergée de peinture bleue la semaine dernière, quelques semaines après être passée au rouge.
En deux mois, la Petite Sirène de Copenhague est passée du rouge au bleu. Scanpix Denmark/Bax Lindhardt via REUTERS

Elle avait vu rouge, la voila bleue. La Petite Sirène de Copenhague, le monument le plus célèbre du Danemark, a de nouveau été vandalisée mercredi, a annoncé la police. La statue inspirée par le conte de l'auteur danois Hans Christian Andersen, qui trône au bord de l'eau depuis un siècle, a été aspergée de peinture bleue et blanche, la deuxième attaque de ce genre en deux mois.

Cette action colorée était accompagnée d'un message écrit en blanc sur le quai, "Befri Abdulle', soit "libérez Abdulle". Les médias locaux supposent qu'il s'agit d'une référence à Abdulle Ahmed, un réfugié somalien souffrant de troubles psychiatriques détenu au Danemark depuis 2001, et dont la Somalie demande la libération. Le 30 mai, la sirène s'était retrouvée toute rouge, pour faire passer un autre message.

Sans bras, sans tête

"Le Danemark défend les baleines des îles Féroé", pouvait-on cette fois lire sur le quai. Une phrase qui faisait référence au grindadráp, nom de la traditionnelle chasse aux cétacés pratiquée par certains habitants, qui s'attirent la colère des défenseurs des animaux. Pour le responsable de la culture à la mairie de Copenhague, Carl Christian Ebbesen, s'en prendre à la célèbre statue est "stupide", quel que soit le bien-fondé de la cause défendue. "Un trésor national comme celui-ci doit être laissé tranquille", a-t-il déclaré à une chaîne danoise, rapporte The Local.

Il faut dire que la Petite Sirène a connu son lot de souffrances. Si la peinture s'efface facilement, la statue a perdu des membres à plusieurs reprises. Sa tête a été volée deux fois, en 1964 et en 1998, et elle a aussi perdu un bras en 1984. En 2003, elle a été poussée dans l'eau, mais aussi recouverte d'une burqa en 2004, pour protester contre la candidature de la Turquie à l'Union européenne. Point commun de ces différentes attaques, leurs auteurs ont rarement été appréhendés. Une impunité qui pourrait prendre fin, car Carl Christian Ebbesen suggère de braquer des caméras de surveillance sur la statue. Pour qu'elle puisse enfin contempler la mer en paix?