Pas de libération sous caution pour Carlos Ghosn

La demande de libération sous caution du patron de Renault détenu au Japon a été refusée par un tribunal ce mardi.
Des piétons passent devant un écran de télévision sur lequel apparaît le visage de Carlos Ghosn, ex-PDG de Nissan, le 21 décembre 2018 à Tokyo, au Japon. afp.com/Kazuhiro NOGI

Il reste derrière les barreaux. Le tribunal de Tokyo a rejeté ce mardi la demande de libération sous caution de Carlos Ghosn, dernière tentative infructueuse en date des avocats du PDG de Renault, détenu au Japon pour des malversations financières présumées.

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Le tribunal a estimé qu'il y avait un risque de destruction de preuves, a précisé la chaîne de TV publique NHK. Le dirigeant de 64 ans, arrêté le 19 novembre à Tokyo, a fait l'objet vendredi de deux nouvelles inculpations, pour abus de confiance et pour avoir minoré ses revenus dans des rapports boursiers de Nissan entre 2015 et 2018.

Un appel possible

L'avocat peut faire appel de ce refus de remise en liberté, mais si la décision de le maintenir en prison est confirmée par un deuxième juge, Carlos Ghosn restera en détention provisoire au moins jusqu'au 10 mars. Cette mesure pourra être étendue sur demande du procureur par période reconductible d'un mois.

Carlos Ghosn a comparu la semaine dernière pour la première fois devant la justice : amaigri et menotté jusqu'à l'entrée dans la salle d'audience, il s'était dit "faussement accusé", démentant les allégations point par point. Au cours de cette séance exceptionnelle, le juge avait déjà justifié son emprisonnement prolongé par un risque de fuite et d'altération des preuves.

Conditions de détention

Les conditions de détention de l'ex-patron des constructeurs automobiles japonais Nissan et Mitsubishi Motors ont suscité des critiques. Sa femme, Carole Ghosn, a écrit à l'ONG de défense des droits humains Human Rights Watch pour les dénoncer.

Carlos Ghosn n'a eu le droit jusqu'à présent de recevoir que ses conseils et des représentants des pays dont il détient un passeport (Brésil, France et Liban). Mais une décision de justice la semaine dernière l'a autorisé à recevoir dorénavant des visites de famille.

Le procès de Carlos Ghosn, qui risque en théorie jusqu'à 15 ans de prison, n'aura pas lieu avant des mois.