L'inculpation du fondateur de WikiLeaks révélée par erreur?

Les Etats-Unis prépareraient l'inculpation de Julian Assange, toujours réfugié dans l'ambassade d'Equateur à Londres.
Des poursuites contre Julian Assange, ici à l'ambassade d'Equateur à Londres, le 5 février 2016, pourrait avoir des conséquences pour l'enquête russe. afp.com/BEN STANSALL

L'information devait rester secrète. Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, qui a publié en 2010 de nombreux documents secrets américains, aurait été inculpé aux Etats-Unis, selon une annonce du site lui-même. Quelques heures plus tôt, un expert avait découvert que des procureurs avaient révélé par inadvertance l'existence de cette inculpation, et avait publié sur Twitter un extrait du document en cause.

"SCOOP: le département américain de la Justice révèle 'accidentellement' l'existence de chefs d'accusation secrets (ou de projets de tels chefs d'accusation) contre le directeur de WikiLeaks Julian Assange, dans ce qui semble être une erreur de copier-coller dans une autre affaire également instruite dans le district est de la Virginie", a indiqué WikiLeaks sur Twitter.

Un dangereux précédent

Le document concernait une affaire de pédophilie sans aucun rapport avec Julian Assange, explique le New York Times, selon qui les paragraphes relatifs au fondateur de WikiLeaks se sont sans doute retrouvés là à la suite... d'une erreur de copier-coller. Ironie du sort, les paragraphes en question visaient à justifier la protection sous scellé de l'inculpation. La nature exacte des chefs d'accusation retenus contre Julian Assange n'était pas connue immédiatement.

Poursuivre Julian Assange, qui vit depuis plusieurs années dans l'ambassade d'Equateur à Londres, pourrait créer un précédent majeur pour la liberté de la presse, note le New York Times. WikiLeaks a notamment publié les documents fournis par l'ancienne analyste du renseignement Chelsea Manning et, plus récemment, les e-mails volés à des responsables du parti démocrate par des hackers russes.

Une pièce de l'enquête russe

L'administration Obama n'avait pas poursuivi Julian Assange pour ne pas établir un précédent qui aurait des conséquences pour les journalistes d'investigation, écrit le journal américain, lequel a publié des articles basés sur les informations révélées par WikiLeaks. Le New York Times n'a d'ailleurs lui-même pas attendu la naissance du site pour s'appuyer sur des documents volés, comme les Pentagon Papers.

Aujourd'hui, des poursuites contre Julian Assange pourraient faire avancer les investigations du procureur spécial Robert Mueller sur les soupçons de collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie. En juillet, le procureur spécial avait inculpé douze agents russes pour avoir piraté les ordinateurs du parti démocrate, volé des documents internes et les avoir publiés pour influencer l'élection. L'acte d'accusation se référait à WikiLeaks, décrite comme une plateforme utilisée par les Russes pour diffuser les documents piratés.