Italie : 51 collégiens sauvés in extremis d'une prise d'otage

Mercredi 20 mars, un Italien d'origine sénégalaise a pris en otage 51 collégiens dans le bus qu'il conduisait près de Milan. Il a invoqué le sort des migrants africains morts en mer Méditerranée avant d'incendier le véhicule.
Italie : 51 collégiens sauvés in extremis d'une prise d'otage
Mercredi 20 mars, un Italien d'origine sénégalaise a pris en otage 51 collégiens dans le bus qu'il conduisait près de Milan. BFMTV

Un drame a été évité de justesse hier en Italie. La police transalpine a sauvé 51 collégiens pris en otage et menacés dans un bus à proximité de Milan par leur chauffeur. Ce dernier a invoqué le sort des migrants africains décédés en mer Méditerranée pour justifier son acte, avant d'incendier le véhicule.

"C'est un miracle, cela aurait pu être un carnage. Les carabiniers ont été exceptionnels pour bloquer le bus et faire sortir tous les enfants", a déclaré à la presse le procureur de Milan, Francesco Greco. Le chauffeur a été interpellé sous les chefs de "prise d'otage, massacre et incendie" avec la circonstance aggravante de "terrorisme". Il a été transporté à l'hôpital pour des brûlures aux mains.

Selon son avocat, l'homme a expliqué pendant son interrogatoire qu'il "voulait faire un geste éclatant pour attirer l'attention sur les conséquences des politiques migratoires". "J'ai perdu trois enfants en mer", a ainsi affirmé le chauffeur lors de la prise d'otage, selon le témoignage d'un adolescent diffusé sur les sites Internet des médias italiens, rapporte Europe 1. Par ailleurs, il a expliqué que ses actes étaient "prémédités" depuis plusieurs jours. "Il voulait que le monde entier puisse parler de son histoire", a-t-il dit. L'homme a posté sur YouTube une vidéo pour expliquer son action et "dire Afrique soulève-toi", à l'intention de ses proches en Italie mais aussi au Sénégal.

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Les 51 élèves d'un collège italien devaient se rendre à une sortie sportive dans un gymnase avec trois accompagnateurs, quand le chauffeur a subitement changé de trajectoire et a commencé une prise d'otage qui durera environ une demi-heure. "Personne ne sortira d'ici vivant", a-t-il lancé, selon les témoignages de plusieurs enfants. Armé de bidons d'essence et d'un briquet, l'homme leur a pris leurs téléphones portables et a demandé aux accompagnateurs de les ligoter avec du fil électrique.

"Il nous menaçait, disait que si nous bougions il verserait l'essence et allumerait le feu. Il n'arrêtait pas de dire qu'il y avait tant de personnes en Afrique qui continuaient à mourir et que c'était la faute de Di Maio et Salvini" (les deux vice-Premiers ministres italiens et hommes forts du pays), a raconté une adolescente.

Pour sortir de ce cauchemar, les jeunes italiens peuvent remercier un garçon de 13 ans qui a pu récupérer un téléphone tombé à terre d'un camarade. Il a donné l'alerte à 11h50. "Je me suis un peu fait mal aux mains pour le récupérer et j'ai pu prévenir les carabiniers et la police. Nous étions tous effrayés", a-t-il raconté devant une caméra. "Les enfants frappaient sur les vitres, appelaient à l'aide", a décrit Roberto Manucci, l'un des six carabiniers qui sont intervenus.

Le chauffeur a réussi à forcer un premier barrage de deux véhicules de police, avant d'être bloqué contre un parapet par trois autres voitures. Face à deux carabiniers, l'homme a ensuite mis le feu au bus, tandis que d'autres carabiniers brisaient des vitres à l'arrière du bus pour faire descendre les enfants, hurlant et pleurant. Une douzaine d'enfants et deux adultes ont été conduits à l'hôpital après avoir été légèrement intoxiqués par la fumée.