Frais de scolarité au Zimbabwe: les écoles acceptent le paiement par chèvres

Toujours confronté à une grave crise monétaire, le pays de Robert Mugabe propose aux plus pauvres de régler avec du bétail les frais liés à l'éducation des enfants.
Déjà utilisées en garantie de prêts bancaires, les chèvres du Zimbabwe peuvent être maintenant utilisées pour régler des frais scolaires (Photo d'illustration: un troupeau de chèvres en Somalie). REUTERS/Omar Faruk

Pour les frais de scolarité au Zimbabwe, le paiement avec des chèvres et des moutons est désormais autorisé à grande échelle.

Empêtré dans une grave crise monétaire depuis que le dollar local a été retiré de la circulation, le pays dirigé par Robert Mugabe explore tous les moyens pour permettre à ses habitants de régler leurs factures. A cet effet, le ministre de l'Education Lazarus Dokora vient d'annoncer que celles et ceux qui ne peuvent s'acquitter des frais relatifs à l'éducation de leurs enfants peuvent offrir du bétail en guise de moyen de paiement.

Interrogé par le Sunday Mail, Dokora a invité les écoles à faire preuve de souplesse pour obtenir cet argent. "Si quelqu'un participe à la construction de la communauté, il faut lui donner la possibilité d'utiliser les fruits de son travail pour s'acquitter de ses frais", a indiqué le ministre.

Le bétail déjà utilisé pour garantir des prêts bancaires

Si cette proposition s'adresse d'abord aux habitants des zones rurales, ceux qui vivent en ville ne sont pas oubliés. "Ils peuvent payer par d'autres moyens, par exemple, faire du travail pour l'école", a ainsi indiqué un fonctionnaire du ministère de l'Education.

Aussi surprenante qu'elle puisse paraître, cette proposition n'est pas une première au Zimbabwe, comme l'explique BBC News. Pas plus tard que la semaine dernière, le gouvernement a officiellement autorisé ses habitants à utiliser leur bétail (chèvres, vaches, moutons) comme garantie pour soutenir des prêts bancaires.

Dans le même ordre d'idées, et en vertu d'une législation introduite au Parlement cette semaine, les emprunteurs ont désormais le droit d'enregistrer des actifs "mobiliers", y compris les véhicules à moteur et les machines, en garantie.

Les retraits d'argent toujours aussi problématiques

En proie à la crise depuis de longs mois, le Zimbabwe est confronté à un vrai manque de liquidités. D'après le portail Bulawayo24, les habitants du pays ont pris l'habitude de patienter de longues heures dans les banques du pays pour retirer de l'argent. Ou, tout au moins, tenter d'en retirer.

Le gouvernement affirme que la pénurie est due à des gens qui prennent des devises fortes hors du pays, mais les observateurs disent qu'elle est imputable au manque d'investissement et à la hausse du chômage