En Italie, une loi électorale taillée pour écarter le mouvement 5 étoiles

La nouvelle loi électorale italienne avantage les coalitions, dans le but de favoriser la stabilité.
Le président du Conseil italien Paolo Gentiloni (g) avec son prédécesseur Matteo Renzi au palais Chigi à Rome, le 12 décembre 2016. Reuters/Alessandro Bianchi

Après des années de vaines tentatives, l'Italie espère enfin adopter une loi électorale durable, à quelques mois des élections législatives du printemps. Cette nouvelle mouture avantage les coalitions et devrait donc pénaliser le mouvement 5 étoiles (M5S), actuellement la formation en tête dans les sondages, mais rétif à s'allier avec d'autres partis.

La Botte est depuis longtemps à la recherche de la formule magique qui lui permettrait d'en finir avec l'instabilité politique. La loi réformée prévoit un mode de scrutin majoritaire corrigé d'une dose de proportionnelle. Baptisée Rosatellum (du nom du chef du groupe parlementaire du Parti démocrate Ettore Rosato), elle établit un seuil minimal à 3 % des suffrages exprimés pour les partis et à 10 % pour les coalitions afin d'entrer au Parlement.

Dans le cadre de ce texte, 36% des sièges (de la Chambre des députés comme du Sénat) seront attribués via un système majoritaire de circonscriptions uninominales et 64% à la proportionnelle.

Une procédure contestée, pas seulement par le M5S

Pour écarter la possibilité que le projet de loi, élaboré principalement entre Matteo Renzi et Silvio Berlusconi, selon El Pais, ne soit rejeté ou amendé, le gouvernement de Paolo Gentiloni, a choisi de la faire adopter par le biais d'une motion de confiance.

Cette procédure mise en oeuvre pour faire passer ce texte rebaptisé fascistellum par le M5S, est critiquée par plusieurs personnalités, dont l'ancien président de la République Giorgio Napolitano.

Le vote confiance, prévu ce jeudi ou vendredi matin au plus tard. devrait passer grâce à l'appui des députés du parti démocrate de Gentiloni, de Forza Italia de Berlusconi et de la Ligue du Nord de Matteo Salvini, estiment Les Echos.

Les derniers sondages attribuent au M5S entre 27 et 30% des voix, à égalité avec le PD de GentiloniL Forza Italia et la Ligue du Nord obtiennent sont chacun à 14% des intentions de vote.