Etats-Unis: un mort lors d'un rassemblement d'extrême droite en Virginie

Une voiture a percuté la foule de contre-manifestants antiracistes. Dans leur bilan, les autorités locales ajoutent deux policiers morts dans la chute de leur hélicoptère.
Les secours prennent en charge des blessés. Une voiture a foncé sur la foule rassemblée ce samedi 12 août 2017 à Charlottesville. REUTERS/Joshua Roberts

Des scènes d'une extrême violence. Un véhicule a renversé des personnes présentes lors d'un rassemblement d'extrême droite à Charlottesville en Virginie, qui a opposé des groupuscules suprématistes blancs et néo-nazis à des contre-manifestants antiracistes. Une personne est décédée selon le maire de la ville. Les autorités locales dénombrent 35 blessés au total. "Je suis révolté et écoeuré par cette collision automobile qui a fait beaucoup de blessés", a d'abord tweeté Mike Signer. "J'ai le coeur brisé qu'une vie humaine ait été perdue", a-t-il écrit un demie-heure plus tard.

"Plusieurs piétons ont été touchés. Il y a plusieurs blessés", a tweeté la police de l'Etat. Le FBI a annoncé dans un communiqué qu'il avait ouvert une enquête sur les circonstances du drame.

Par ailleurs, un hélicoptère manié par deux policiers de l'Etat de la Virginie s'est écrasé non loin de la zone où se déroulaient les manifestations à Charlottesville. Les deux patrouilleurs vétérans ont péri dans l'accident, qui n'a fait aucun autre blessé, et qui ne comporte pas de lien explicite avec les affrontements de la journée.

Une journaliste de l'AFP présente sur les lieux a vu des blessés étendus au sol, des personnes en pleurs, des brancards, des ambulances et des camions de pompiers. "On marchait dans la rue quand une voiture, une berline noire ou grise, nous a foncé dessus, elle a percuté tout le monde. Puis elle a reculé et nous a encore heurtés. Il y avait une fille derrière qui essayait de se relever", a relaté un témoin.

"Je pense qu'il y a une dizaine de blessés. Une fille au sol a été mutilée. C'était volontaire, ils ont fait exprès de reculer", a-t-il ajouté. De nombreux secours, ainsi que l'armée, sont arrivés sur place. Le quartier a été bouclé par la police.

Donald Trump a condamné le "sectarisme et les violences quelle que soit leur origine". "Nous condamnons dans les termes les plus forts possibles cette énorme démonstration de haine, de sectarisme et de violence venant de diverses parties", a-t-il déclaré depuis Bedminster dans le New Jersey, où il passe ses vacances.

État d'urgence déclaré

Des échauffourées avaient éclaté plus tôt, forçant le gouverneur de l'Etat à déclarer l'état d'urgence et la police à décider l'interdiction du rassemblement.

Dans un air chargé en gaz lacrymogène, les heurts opposant manifestants de la droite radicale et contre-manifestants s'étaient multipliés avant même le début prévu du rassemblement, avec des rixes, des jets de projectiles, des échanges de coups de bâton. Certains militants rassemblés, professant la suprématie de la race blanche, brandissaient des drapeaux confédérés, un symbole considéré comme raciste par une bonne partie des Américains.

Un homme à terre lors des échauffourées qui ont éclaté lors du rassemblement d'extrême droite à Charlottesville. REUTERS/Joshua Roberts

Face à ces incidents, la police en tenue anti-émeute a donc décidé peu avant midi (18 heures en France) d'interdire la manifestation prévue et a procédé à l'évacuation du parc public où elle se tenait. Les forces de l'ordre ont procédé à un nombre inconnu d'interpellations. Le gouverneur démocrate de la Virginie, Terry McAuliffe, a de son côté déclaré à la mi-journée un état d'urgence, une mesure permettant de mobiliser davantage de moyens policiers.

"La haine", dénonce Trump

Le gouverneur démocrate avait ajouté avoir donné comme instruction aux forces de l'ordre "d'agir rapidement et de façon décisive" au cas où des débordements surviendraient. Les autorités redoutaient que des milliers de militants nationalistes et de militants antifascistes se retrouvent face-à-face à ce rassemblement, baptisé "Unite the Right Rally".

"Cet événement pourrait offrir une vitrine historique de haine, en rassemblant en un seul lieu un nombre d'extrémistes inédit depuis au moins une décennie", avait averti Oren Segal, directeur du Centre sur l'extrémisme de l'Anti-Defamation League (ADL), une association de lutte contre l'antisémitisme. Un terme repris ce samedi par le président américain Donald Trump, qui a dénoncé la "haine" lors de ce rassemblement, qui n'a selon lui "pas sa place aux Etats-Unis".