Élections en Alabama: au parti républicain, c'est haro sur Steve Bannon

Plusieurs élus républicains accusent l'ex-conseiller de Donald Trump d'être responsable de la perte du siège républicain de l'Alabama, mardi.
Donald Trump continue à prendre ses distances avec Stephen Bannon, qui apparaît de plus en plus mis à l'écart. AFP/MANDEL NGAN

La défaite retentissante de Roy Moore lors de l'élection au poste de sénateur de l'Alabama laisse le camp de Donald Trump sonné. Dans cet État conservateur du Sud, c'est la première fois qu'un démocrate est élu depuis 1992.

Aussitôt la défaite actée, les couteaux étaient tirés au sein du Grand Old Party. Principale cible ? Steve Bannon, l'ex- conseiller de Trump, qui avait misé sur le candidat ultraconservateur, au moment de la primaire, contre un candidat de l'establishment républicain.

Bannon, qui a repris sa place à la tête du magazine d'extrême droite Breitbart, entendait faire de la victoire de Roy Moore un galop d'essai pour écarter les candidats mainstream du GOP à l'occasion des primaires des élections de mi-mandat de 2018.

Malgré son départ de la Maison Blanche en août dernier, Bannon, très proche de l'alt-right américaine, conservait son ascendant sur le chef de l'État. C'est sous son influence que Donald Trump, après avoir soutenu le candidat du parti Luther Strange lors de la primaire de l'Alabama, avait finalement jeté son dévolu sur l'ultraconservateur Moore, vainqueur de la primaire républicaine, selon les médias américains.

Résultat manqué: non seulement le parti républicain perd un siège dans un État "rouge" par excellence, mais il voit lui échapper l'un des deux sièges qui lui assuraient la majorité au Sénat.

Deuxième échec d'un candidat soutenu par Bannon

Plus grave pour le parti, il s'agit du deuxième échec d'un candidat soutenu par Bannon, après celui d'Ed Gillepsie en Virginie au mois de Novembre, rappelle Newsweek.

Les réactions ont été d'autant plus virulentes au sein du parti conservateur que plusieurs ténors du GOP avaient demandé à Roy Moore de se retirer lorsque les accusations d'attouchements sur des mineures avaient été révélées dans la presse. "Non seulement il nous a coûté un siège critique au Sénat dans les États les plus pro-républicains du pays, mais il entraîne avec lui le président des États-Unis dans ce fiasco", a déclaré Steve Law, qui dirige un 'super Pac', un fond de financement des campagnes républicaines.

L'élu républicain new-yorkais Peter King n'a pas non plus mâché ses mots contre celui "qui a l'air d'un poivrot" : "Ce n'est pas le genre de personne dont nous avons besoin dans le paysage politique américain", a-t-il lancé sur CNN.

"On peut s'attendre à ce que Trump, qui se soucie plus de gagner et de perdre que quiconque, blâme Bannon", a déclaré pour sa part Kurt Bardella, ancien Porte-parole de Breitbart, rapporte le Washington Post, selon qui cet échec pourrait entraîner une prise de distance de Trump avec son mentor.

Si ce n'est déjà fait, les démocrates ne devraient pas tarder à financer Breitbart, a ironisé pour sa part Josh Holmes, proche de Mitch McConnell, le patron de la majorité au Sénat, "parce que c'est le meilleur stratège qu'ils puissent avoir."