Crise des Rohingyas: Aung San Suu Kyi annule son déplacement à l'ONU

La dirigeante birmane, dont le déni concernant la persécution des Rohingyas fait polémique, a annoncé qu'elle ne participerait pas à l'assemblée générale des Nations Unies.
La dirigeante birmane et Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, le 30 août 2016, à Naypyidaw. afp.com/ROMEO GACAD

Alors que la Birmanie, qu'elle dirige, est pointée du doigt pour la crise des Rohingyas, Aung San Suu Kyi a décidé d'annuler son déplacement à l'ONU. "La conseillère dÉtat n'assistera pas à l'assemblée générale de l'ONU" fin septembre, a déclaré ce mercredi Zaw Htay, son porte-parole, à quelques heures d'une réunion du Conseil de sécurité qui doit discuter, à huis clos, de cette crise.

Depuis le début de la flambée de violences le 25 août, plus de 370 000 Rohingyas de Birmanie se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir une opération de l'armée birmane. Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a évoqué lundi "un exemple classique de nettoyage ethnique".

Promesses de 2016 non-tenues

L'an dernier à la tribune de l'assemblée générale de l'ONU, la prix Nobel de la paix, qui dirige de facto le gouvernement birman depuis avril 2015, avait promis de soutenir les droits de cette minorité musulmane. Elle avait promis de "s'opposer fermement aux préjugés et à l'intolérance" et de promouvoir les droits de l'homme, tout en demandant "à la communauté internationale de se montrer compréhensive et constructive" à ce sujet.

Même si nombre des Rohingyas sont présents en Birmanie depuis des décennies, ils restent considérés comme des immigrés illégaux du Bangladesh voisin. Privés de papiers d'identité, ils n'ont pas accès aux hôpitaux, aux écoles et au marché du travail.