Crash en Indonésie: un capteur à l'origine de l'accident?

Selon les premières analyses de la boîte noire, les pilotes de l'avion ont pu recevoir de fausses informations d'un capteur.
Au nord de Jakarta, le 5 novembre 2018, des enquêteurs de Lion Air examinent une partie du train d'atterrissage du Boeing qui s'est abîmé le 29 octobre au large de l'Indonésie. afp.com/AZWAR IPANK

Boeing a implicitement reconnu mercredi qu'un capteur pourrait être en cause dans l'accident meurtrier d'un 737 de la compagnie Lion Air le 29 octobre dernier. L'avion à destination de Pangkal Pinang a plongé à grande vitesse dans la mer de Java moins d'une demi-heure après avoir décollé de Jakarta, entraînant la mort des 189 passagers et membres d'équipage.

Dans un communiqué, Boeing a expliqué que les pilotes ont pu recevoir de fausses indications du système d'information de l'appareil avant l'accident, selon les premiers éléments issus de la boîte noire retrouvée, celle enregistrant les paramètres de vol.

Des informations "erronées"

"Le comité de sécurité des transports indonésien a indiqué que le vol 610 de Lion Air a reçu des informations erronées d'un des capteurs d'incidence (AOA, Angle of Attack sensor)", a indiqué le constructeur. Boeing a publié une actualisation "de son manuel d'exploitation indiquant aux opérateurs les procédures que les équipages doivent suivre en cas d'informations erronées issues de (ces) capteurs", poursuit-il.

En parallèle, la FAA, le régulateur américain aérien, a ordonné aux opérateurs de 737-8 et 737-9 à travers le monde, de procéder "immédiatement" à la révision préconisée par l'avionneur parce que le défaut détecté peut entraîner une perte d'altitude et les pilotes pourraient rencontrer de graves difficultés à garder le contrôle de l'appareil.

Un appareil récent

Environ 246 appareils de la famille 737 MAX, dernière version du monocouloir 737, avion commercial le plus vendu au monde et vache à lait de Boeing, sont concernés, selon la FAA. Près de 45 exemplaires, opérés par SouthWest Airlines, United Airlines et American Airlines, sont affectés aux Etats-Unis.

Les capteurs en question, aussi appelés sondes d'angle d'attaque, donnent l'angle de vol de l'appareil et sont potentiellement des avertisseurs de décrochage. L'appareil accidenté en Indonésie était un Boeing 737-Max 8, un des plus récents modèles du constructeur. Et l'appareil n'était entré en service qu'au mois d'août dans la flotte de la compagnie à bas coût.

Problèmes techniques lors des quatre derniers vols

Un rapport préliminaire sur les causes de l'accident est attendu à la fin du mois. Les enquêteurs indonésiens ont indiqué que l'appareil avait enregistré des problèmes techniques au cours de ses quatre derniers vols, dont un vol marqué par des problèmes simultanés des capteurs d'incidence et de l'anémomètre, qui mesure la vitesse.

Au cours d'un vol entre Bali et Jakarta, le dernier avant le crash, les deux capteurs d'incidence de l'appareil montraient une différence de 20 degrés, alors qu'ils auraient dû être alignés, a indiqué Soerjanto Tjahjono, chef du comité de sécurité des transports indonésien.

Mais le pilote a réussi malgré ce problème à faire atterrir l'appareil à Jakarta. L'avion avait fait l'objet de réparations avant d'être remis en service. Les autorités indonésiennes se sont fondées sur cet incident pour inciter Boeing à rappeler les procédures à suivre pour les compagnies aériennes qui seraient confrontées à la même situation, a noté le responsable indonésien.