Bouteflika : après l'armée, son principal allié le lâche aussi

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika est lâché par ses soutiens. Après l'armée, son principal allié a demandé sa démission.

Bouteflika : Après l'armée, son principal allié le lâche aussi
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika est lâché par ses soutiens. Après l'armée, son principal allié a demandé sa démission. RMC

Mardi 26 mars, le chef d'état-major de l'armée algérienne, Ahmed Gaïd Salah, a demandé une sortie de crise avec le lancement de la procédure de l'article 102 de la Constitution, applicable quand le président de la République "pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions" ou en cas de démission. Il souhaite que le président algérien soit déclaré inapte et par conséquent cette proposition ouvre la voie à un départ d'Abdelaziz Bouteflika. Affaibli depuis 2013 par les séquelles d'un AVC, le chef d'État est confronté depuis plus d'un mois à une contestation du peuple algérien. Un acte inédit depuis son arrivée à la tête de l’État en 1999.

Dans un discours diffusé à la télévision algérienne, Ahmed Gaïd Salah, un fidèle d'Abdelaziz Bouteflika a également déclaré : "Il devient nécessaire, voire impératif, d'adopter une solution pour sortir de la crise, qui répond aux revendications légitimes du peuple algérien, et qui garantit le respect des dispositions de la Constitution et le maintien de la souveraineté de l’État".

Les Algériens perplexes

Au lendemain de cette annonce, Abdelaziz Bouteflika est de plus en plus isolé. Le Rassemblement national démocratique (RND), principal allié du président algérien, a réclamé, dans un communiqué rendu public, la démission de ce dernier.

L'annonce a été faite par l'ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia, récemment limogé. Dans un communiqué reçu par l'AFP, le RND demande au Conseil constitutionnel de déclarer Bouteflika inapte pour la fonction de président. Il "recommande la démission du président de la République (...) dans le but de faciliter la période de transition".

Ahmed Ouyahia est un fidèle de Abdelaziz Bouteflika, dont il a été trois fois le Premier ministre depuis 2003. Personnage très impopulaire et critiqué, il a été sacrifié le 11 mars dernier pour tenter de calmer la rue dont il était l'une des têtes de turc favorites.

Mardi soir, après l'annonce du chef d'état-major de l'armée, les Algériens restaient sceptiques sur la situation. Ils considèrent l'armée comme faisant partie du "système" au pouvoir. Un pouvoir dont ils réclament le départ dans sa globalité.

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