Aux États-Unis, le "suicide apparent" de Jeffrey Epstein fait naître une théorie du complot alimentée par Trump

Samedi, le financier et membre de la jet-set américaine Jeffrey Epstein, emprisonné suite à de multiples accusations d'agressions sexuelles sur mineures, a été retrouvé pendu dans sa cellule. Un décès qui choque les États-Unis, les circonstances restant floues, et faisant naître une théorie du complot, très vite relayée par le président américain...
Le suicide apparent de Jeffey Epstein fait polémique aux États-Unis
Une théorie du complot est née quelques heures après l'annonce de la mort de Jeffrey Epstein en prison BFMTV

Un trafic sexuel sordide

Âgé de 66 ans, Jeffrey Epstein avait été inculpé en juillet pour "trafic sexuel", la police américaine ayant découvert un sinistre réseau de pédophilie. Selon l'enquête, il embauchait des recruteuses, chargées de "l'alimenter" en jeunes filles, certaines âgées d'à peine 14 ans. Ces "recrues" viendraient de milieux défavorisés, et auraient été payées à chaque "visite" entre 200 et 300 dollars pour des actes sexuels, dans les nombreuses résidences du milliardaire, de New York à Palm Beach en passant par Paris. Les noms des jeunes victimes étaient inscrits dans un sinistre carnet noir, qui compte plus de 100 lignes, et l'emploi du temps sordide de Jeffrey Epstein était minutieusement organisé par ses secrétaires, recruteuses et même domestiques. 

Un scandale absolu, sur lequel la justice se penchait depuis 2005, et dont le paroxysme a été atteint en juillet avec la découverte dans la maison new-yorkaise du financier d'une salle dédiée à ses activités sexuelles, avec des tableaux suggestifs et une armée de sex toys.

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Trump accuse les Démocrates et Bill Clinton en relayant la théorie du complot

Placé en détention depuis son arrestation, Epstein avait été soupçonné de vouloir se suicider, quand on lui a trouvé le 23 juillet des traces suspectes sur le cou. Il a alors été placé en "surveillance spéciale anti-suicide", qui a été levée au bout d'une semaine. Jeffrey Epstein a ensuite réintégré sa cellule, faisant l'objet d'une visite de contrôle toutes les 30 minutes, ce qui n'a pas été fait dans la nuit de vendredi à samedi. Samedi matin, il était retrouvé pendu dans sa cellule. Des zones d'ombre qui ont aussitôt suscité une énorme théorie du complot, car le financier pédophile avait de nombreuses relations avec des personnalités politiques américaines. Il était notamment accusé de "fournir" des jeunes filles de son immonde réseau à ses connaissances. 

Jamais le dernier à tweeter ou relayer ce genre de messages suspicieux, le président Donald Trump a partagé les deux posts ci-dessous, disant que des documents révélaient que des Démocrates, parmi lesquels l'ancien président Bill Clinton, auraient participé à des séjours sur ce qui est appelé "l'île de la pédophilie de Jeffrey Epstein" (Epstein étant notamment propriétaire d'une île privée dans les Îles Vierges). Comme si l'affaire n'était déjà pas assez sordide comme ça...

American crime story

Un décès qui empêchera les victimes de pouvoir confronter Jeffrey Epstein durant son procès, qui aurait dû débuter en 2020, et qui aurait permis d'en apprendre davantage sur ses pratiques, et l'étendue de son immonde réseau. Une enquête interne, ainsi qu'une instruction du FBI ont d'ores et déjà été ouvertes afin de faire la lumière sur ces sombres événements, et ainsi espérer un jour découvrir la vérité sur un énorme scandale, qui pourrait bien devenir une affaire d'État... 

Car Donald Trump lui-même a été accusé par une jeune femme, âgée de 13 ans à l'époque des faits, en 1994, de l'avoir violée lors d'une fête organisée par... Jeffrey Epstein. Dont le président américain disait, en 2002, qu'il était "un type génial avec qui on s'amuse bien", comme le rappelle Libération