Transport routier: CGT et FO confirment leur appel à la grève

Les fédérations syndicales confirment leur appel à une grève de durée indéterminée dès dimanche, pour plus de pouvoir d'achat.
Les routiers CGT et FO lancent, lundi à l'aube, un mouvement reconductible contre la réforme du Code du travail afp.com/PHILIPPE HUGUEN

Les mesures annoncées par Édouard Philippe mardi ne sont que des "miettes" pour le pouvoir d'achat, selon les fédérations CGT et FO du secteur du transport routier. Les deux syndicats dénoncent également une récente décision du Conseil d'État, qui a annulé les majorations de 25% et 50% aux heures supplémentaires des chauffeurs routiers.

Reçus ce jeudi au ministère des Transports, ils ont maintenu leur appel à la grève mais pourront le lever s'ils obtiennent un "engagement écrit" du patronat sur les heures supplémentaires.

"Pour le moment, il y aura grève à partir de dimanche soir 22 heures. Il manque un engagement formel de la part des employeurs [...], une garantie écrite" sur le maintien de l'indemnisation des heures supplémentaires, a déclaré Patrice Clos, secrétaire général de FO-Transports, à la presse à l'issue de la réunion. "Nous exigeons que les patrons s'engagent par un accord que l'on peut faire ce soir, demain matin...", a indiqué pour sa part Jean-Marc Lambert de la CGT-Transports.

Des pertes de 300 à 1 200 euros

"Nous sommes persuadés que depuis la décision du Conseil d'Etat, le verrou des heures supplémentaires majorées a sauté pour le transport routier de marchandises", écrivaient la veille les deux syndicats dans leur communiqué.

La décision du Conseil d'État, qui annule les dispositions d'un décret de 2016, ramène à 10% les majorations des heures supplémentaires des routiers, selon la CGT, qui estime qu'une telle mesure "risque d'avoir des répercussions négatives sur [le] pouvoir d'achat" des routiers. Alors qu'une grande journée d'actions est prévue le 14 décembre, la CGT a donc accéléré son calendrier.

Selon Patrice Clos, secrétaire général de FO Transports et Logistique, ces majorations diminuées ferait perdre aux routiers "entre 300 et 1 200 euros par mois", a-t-il déclaré lundi.

En pratique, rien ne change

Face au communiqué, le ministère des Transports a immédiatement réagi : "Les deux organisations syndicales concernées prennent un mauvais prétexte pour lancer un appel à une grève qui n'a aucune raison d'être", affirme-t-il.

En début de semaine, le ministère a indiqué que cette décision, datée du 28 novembre "n'aura aucune conséquence et ne change rien en pratique". "Elle était attendue pour des raisons juridiques et avait été parfaitement anticipée par le gouvernement."

Et le ministère de préciser : "Un article du projet de loi d'orientation des mobilités [article numéro 42], qui vient d'être présenté en Conseil des ministres, prévoit de sécuriser la primauté de l'accord de branche pour déterminer les taux de majoration des heures supplémentaires. Cela restera donc toujours l'accord de branche qui s'appliquera en la matière, aujourd'hui comme demain." La ministre a par ailleurs confirmé cette mesure dans un courrier aux organisations patronales et syndicales du secteur en date du 4 décembre.