Les ambitions du foot français en Chine

Après la signature d'un accord avec le diffuseur CCTV, la LFP va organiser pour trois ans son Trophée des champions en Chine.
En février dernier, le PSG a organisé un Nouvel An chinois sur la pelouse du Parc des Princes. Une initiative de plus pour séduire l'Empire du Milieu. REUTERS/Benoit Tessier

Bonne nouvelle, la Ligue 1 s'exporte ! Cette semaine, la Ligue de football professionnel vient de concrétiser un long travail de séduction auprès des diffuseurs chinois. La LFP et BeIN Sports (qui commercialise les droits TV du championnat de France à l'international), se sont mis d'accord avec le groupe audiovisuel public CCTV. "Grâce à cet accord de quatre saisons (2017/2018 à 2020/2021), la Ligue 1 sera notamment diffusée sur CCTV5, la chaîne dédiée au sport du grand réseau national CCTV, et sera donc accessible à plus d'un milliard de personnes en Chine", indiquent les deux entités hexagonales.

CCTV, le France Télévisions chinois

Une annonce qui intervient à peine trois semaines après la diffusion en Chine de l'affiche Nice-PSG (1-2), dont l'horaire du match avait été décalé à 13 heures afin de permettre à 1,6 million de téléspectateurs chinois de suivre la rencontre. Et ce, malgré l'absence de la star brésilienne du PSG, Neymar.

"En fait, cela faisait 3 à 4 mois que l'on discutait de manière intensive avec CCTV et d'autres diffuseurs, raconte aujourd'hui Didier Quillot, le directeur général de la LFP. Ce groupe, c'est l'équivalent de France Télévisions en Chine. Les matchs seront donc diffusés en clair, ce qui ne nous empêche pas de signer des accords avec des opérateurs privés en OTT [over the top, c'est à dire à la carte]. Pour nous c'est la meilleure stratégie en matière d'exposition".

En mars, le match entre Nice et le PSG a été décalé à 13 heures pour faciliter sa diffusion en Chine afp.com/Valery HACHE

Pour mener à bien cette conquête, la LFP avait ouvert en collaboration avec la Fédération française de football, un bureau à Pékin en février 2017, afin de faciliter les échanges entre les différentes parties. Avec un cahier des charges clair : "exporter la formation française, valoriser l'image des compétitions, renforcer les liens stratégiques avec les acteurs chinois, accompagner les clubs dans leur stratégie de développement économique, rechercher des sponsors et accroître l'exposition audiovisuelle des compétitions".

"On essaye de rattraper notre retard"

Un an plus tard, plusieurs objectifs sont déjà atteints. "Avec cet accord de diffusion, nous renforçons la notoriété de la Ligue 1 en Chine. Pour les deux matchs par semaine qui seront retransmis dès la saison prochaine, nous avons même réussi à prendre la place des rencontres de Série A, le championnat italien. Cela prouve l'attractivité de notre championnat. On essaye de rattraper notre retard".

Si les détails financiers de l'accord n'ont pas été communiqués, la France reste très loin des revenus générés par les droits des championnats anglais (1,2 milliard d'euros par an sur 2016-2019) ou espagnol (636 millions d'euros par an). Pour la distribution exclusive de la L1 à l'étranger, BeIN Sports verse actuellement 32,5 millions d'euros par an à la ligue. Mais l'enveloppe va plus que doubler (80 millions d'euros par an) sur la prochaine période (2018-2024). En matière de droits TV, l'accord chinois ne pèserait que "quelques millions d'euros", selon une source proche du dossier, "mais cela va aider BeIN Sports pour les prochaines négociations".

Pour la ligue, il faut désormais faire fructifier ce premier pas chinois, "en multipliant les opérations marketing, les tournées et les stages d'équipes françaises en Chine. C'est un long chantier", tempère Didier Quillot.

Pour amorcer la pompe, la LFP devrait prochainement officialiser son intention d'ancrer en Chine son rendez-vous annuel du Trophée des Champions, le traditionnel match d'avant-saison entre le champion de France de Ligue 1 et le vainqueur de la Coupe la Ligue. Si initialement, une seule édition était prévue à Shenzhen (sud-est) en 2018, selon nos informations, la LFP a bien l'intention d'y rester pour les trois prochaines années. De quoi laisser un peu de temps au foot français pour pratiquer son mandarin.