La BCE abaisse ses prévisions de croissance

Le PIB de la zone euro ne devrait croître finalement que de 1,9% cette année.
Mario Draghi, le président de la BCE, à l'issue de la précédente réunion de l'institution, le 13 septembre 2018 à Francfort afp.com/Daniel ROLAND

Entre optimisme et pessimisme. C'est, paradoxalement, la meilleure façon de résumer les annonces de la Banque centrale européenne (BCE), qui a revu ses prévisions de croissance à la baisse dans la zone euro, pour l'année 2018 et 2019.

1,9% pour 2018, 1,7% pour 2019

Alors que les prévisions de septembre dernier étaient de 2,0% et 1,8% pour 2018 et 2019, elles sont désormais de 1,9% et 1,7%. Les derniers développements économiques, marqués par une succession d'indicateurs décevants, suggèrent "une dynamique de croissance plus faible qu'auparavant", a résumé Mario Draghi, président de la BCE.

Pour ce qui est de l'inflation, les prévisions sont en revanche plus optimistes que prévu. Elle devrait s'établir à 1,8% dès cette année et retrouver ce niveau en 2021, conforme à l'objectif à moyen terme de la BCE.

Risques sur l'économie

Le président de la BCE a également évoqué les risques sur l'économie de la zone euro. En tenant compte de la dégradation des relations commerciales et de la conjoncture, il a estimé que les risques sont désormais "orientés à la baisse", une formule énigmatique qui marque le pessimisme de la BCE.

"Les facteurs géopolitiques, la menace du protectionnisme, les fragilités des marchés émergents et la volatilité des marchés financiers" font partie des incertitudes citées par Mario Draghi, qui s'est néanmoins dit confiant à propos de la gestion des gilets jaunes par le gouvernement français.

Comme prévu, la BCE a également annoncé un maintien de ses taux directeurs au plus bas "au moins jusqu'à l'été 2019" ainsi que la fin de son vaste programme de rachats de dette à la fin du mois. Cela veut dire qu'elle va cesser d'acheter de nouveaux titres de dette privée et publique comme elle le faisait depuis 2015 pour soutenir l'activité et les prix.

Mario Draghi "confiant" envers la France

En marge de ces annonces, Mario Draghi a assuré la France de sa confiance dans la gestion de la crise des gilets jaunes, réagissant pour la première fois à ce mouvement social. "Je suis confiant dans la capacité du gouvernement français à faire face à ce problème de la meilleure façon possible", a-t-il commenté. "Nous condamnons la violence, mais le droit de manifester fait partie de notre démocratie".

En France, après les mesures annoncées lundi par Emmanuel Macron pour apaiser la crise des gilets jaunes, la France compte sur la bienveillance de l'Union européenne (UE) pour un dérapage budgétaire "exceptionnel" en 2019, à un moment où l'Italie bataille pour faire accepter ses propres écarts.