Huile d'olive française: la nouvelle cuvée s'annonce "catastrophique"

L'association des producteurs d'huile d'olive français alerte sur le faible niveau de production, dû à la mauvaise organisation du secteur.
La France produit 200 litres d'huile à l'hectare, un niveau très faible. Photo d'illustration: la récolte des olives à Castagniers, près de Nice, novembre 2013. REUTERS/Eric Gaillard

Autant la France est une grande nation du vin, autant elle à la peine en ce qui concerne la production d'huile d'olive. La production française, localisée à 65% dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, devrait péniblement atteindre les 3200 à 3400 tonnes pour la campagne écoulée 2016-17, selon des chiffres qualifiés de "catastrophiques" dans un rapport de l'association interprofessionelle Afidol.

C'est la même quantité qu'en 2000, alors que 7000 hectares d'oliviers ont été planté depuis, et que la production explose sur tout le pourtour méditerranéen. Avec 200 litres d'huile produits à l'hectare en moyenne ces six dernières années, les Français ne savent pas faire: "Ce sont nos méthodes de production qu'il faut remettre en cause", se désole Olivier Nasles, président de l'Afidol et producteur près d'Aix-en-Provence.

Des oliveraies bio moins productives

Le professionnel accuse le vieillissement des oléiculteurs, la perte de savoir-faire et le manque d'anticipation par rapport au changement climatique, ainsi que l'arrivée de nouvelles maladies. Sans compter l'augmentation du nombre d'oliveraies bio, qui sont moins productives. Sur 35 000 oléiculteurs français, près de 10 000 sont des professionnels, les autres travaillant sur des vergers familiaux.

Les maigres récoltes françaises, récurrentes depuis 2011, ont entraîné une envolée des prix jusqu'à atteindre 13 voire 14 euros le litre, voire jusqu'à 25 euros le litre au tarif vendu au consommateur. Ce qui n'est pas bon pour les parts de marché à l'exportation, alors que la mode du régime crétois ne faiblit pas. "Les marchés, conquis à la fin de la décennie précédente sont perdus les uns après les autres", explique Olivier Nasles.

Quant aux négociants français, ils vont se fournir en Espagne ou en Italie. La production française ne représente que 4% de la consommation nationale.