Carlos Ghosn démissionne de la présidence de Renault

Incarcéré depuis plus de deux mois au Japon, le dirigeant a démissionné de la présidence de Renault, a annoncé ce jeudi 24 janvier Bruno Le Maire.
 Carlos Ghosn démissionne de la présidence de Renault
RMC

C'est la fin d'une époque à Renault. À la tête du constructeur automobile depuis 2005, Carlos Ghosn n'est plus le PDG du groupe. "Carlos Ghosn vient de démissionner la nuit dernière (dans la nuit du 23 au 24 janvier 2019)", a déclaré Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, ce jeudi à l'AFP, en marge du Forum économique de Davos. "Désormais il est temps de mettre en place une nouvelle gouvernance parce que le plus important aujourd'hui, c'est de préparer le futur de Renault et de l'Alliance", a-t-il ajouté.

La démission de Carlos Ghosn était inéducable. Le désormais ex-président de la marque au losange est incarcéré au Japon depuis le 19 novembre 2018. Il est soupçonné d'abus de biens sociaux et de fraude fiscale, en omettant de déclarer aux autorités boursières entre 2010 et 2018 une grande partie de ses revenus au titre de ses fonctions chez Nissan. Son procès, dans lequel il risque jusqu'à 15 ans de prison, ne devrait pas avoir lieu avant plusieurs mois.

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En quittant son poste de PDG, Carlos Ghosn devrait avoir droit à plusieurs indemnités, en plus du salaire. Quoi qu'il arrive, il aura droit à son salaire fixe au titre de l'année 2018, soit un million d'euros. Ce n'est pas tout.

Une indemnité de non-concurrence, allant jusqu'à quatre millions d'euros, peut lui être proposé et il peut également faire valoir ses droits à la retraite. En effet, Carlos Ghosn va fêter ses 65 ans le 9 mars prochain et selon Franceinfo, sa retraite est estimée à 800.000 euros par an. En revanche, pour Loïc Dessaint du cabinet Proxinvest qui conseille des actionnaires, le conseil d'administration de Renault devra être ferme sur les actions gratuites promises à Carlos Ghosn.

"Le conseil d'administration doit être ferme en lui disant 'Carlos, tu n'as pas été présent, tu n'as pas le droit à ces actions' (...) Si on le révoque, il ne sera pas présent dans l'entreprise au moment où ces actions auraient dû lui être attribuées, et là on parle d'un gros paquet de plusieurs centaines de milliers d'actions Renault, donc on peut parler jusqu'à 20 millions d'euros", a déclaré Loïc Dessaint sur Franceinfo.

Au total, Carlos Ghosn pourrait partir de Renault avec des indemnités d'environ 25 millions d'euros.

En attendant, du côté de Renault, le tandem composé de Thierry Bolloré, directeur général du groupe et Jean-Dominique Senard, actuel patron de Michelin devrait prendre la suite.