Budget italien: Bruxelles et Rome trouvent un accord

Le bras de fer entre l'UE et l'Italie, qui a présenté un budget en fort déficit, s'est terminé ce mercredi.
Le Premier ministre italien Giuseppe Conte avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le 12 décembre 2018 à Bruxelles. REUTERS/Francois Lenoir

Le budget italien pour l'année 2019 a été validé ce mercredi par la Commission européenne. Après des mois de bras de fer entre le gouvernement italien et les autorités européennes, un accord a finalement été trouvé pour éviter l'ouverture d'une procédure pour déficit excessif, a annoncé le vice-président de l'exécutif européen, Valdis Dombrovskis.

L'Italie devra toutefois reporter deux mesures phares promises par le gouvernement : la réforme des retraites et la mise en place du revenu de citoyenneté, un revenu minimum en faveur des plus défavorisés.

L'accord prévoit en tout 10,25 milliards d'euros d'économies budgétaires. Elles seront réalisées grâce au report des deux mesures, mais aussi sur les investissements italiens, qui seront partiellement compensés par les fonds européens.

"Une victoire pour le dialogue"

Cette solution "n'est pas idéale", admet Valdis Dombrovskis, mais elle permet de faire rentrer le budget européens dans les clous européens. L'accord ramène en effet le déficit public à 2,04% du produit intérieur brut (PIB), contre 2,4% au départ. La prévision de croissance est en revanche ramenée à 1% pour l'an prochain au lieu de 1,5%. Cela devrait permettre d'éviter une aggravation de l'énorme dette de l'Italie, qui s'élève à environ 130% de son PIB.

"Ce processus n'a pas été facile. Au début il semblait y avoir peu de chances de combler l'écart entre nos positions respectives", a souligné le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, voyant dans cet accord "une victoire pour le dialogue par rapport à la confrontation".

L'Italie a également demandé à Bruxelles de bénéficier d'une flexibilité pour circonstances exceptionnelles, afin de faire face aux risques sur ses infrastructures routières et aux inondations de grande ampleur.

Le rôle de la France

Les négociations entre gouvernement italien et les autorités européennes s'étaient engagé au début de l'automne. La Commission européenne ayant officiellement rejeté le projet de budget italien le 23 octobre, elle avait ouvert la voie à de possibles sanctions financières.

La situation est devenue d'autant plus sensible politiquement au moment où la France a annoncé des mesures supplémentaires pour répondre à la crise des gilets jaunes, qui devraient la conduire à dépasser le seuil de 3% de déficit public en 2019. Les Italiens avaient alors mis en garde Bruxelles contre une différence de traitement entre la France et eux.