Arbitrage Tapie, chômage, Facebook... Le point sur l'actu éco

L'homme d'affaires condamné à rembourser définitivement 404 millions d'euros, une baisse du chômage au premier trimestre, une lourde amende: voici l'essentiel de l'économie.
Bernard Tapie (ici, lors d'une conférence de presse le 12 mars 2014 à Marseille) a été définitivement condamné à rembourser les 404 millions d'euros accordés pour régler son litige avec le Crédit lyonnais sur la vente d'Adidas. afp.com/FRANCK PENNANT

Crédit lyonnais: Tapie devra rembourser 404 millions d'euros

Le dernier épisode d'un très long feuilleton? Pas sûr. Bernard Tapie a été définitivement condamné à rembourser les 404 millions d'euros accordés en 2008 par un tribunal arbitral pour régler son litige avec le Crédit lyonnais sur la vente d'Adidas. La Cour de cassation a rendu une décision en ce sens ce jeudi. En juin 2016, la Cour avait définitivement annulé cet arbitrage, qui fait également l'objet d'une enquête pénale pour escroquerie en bande organisée, estimant qu'il était "frauduleux". Pour la justice, les relations entre le camp Tapie et l'un des trois juges-arbitres, Pierre Estoup, avaient été à l'époque dissimulées, ce qui avait biaisé la sentence en faveur de l'ancien patron de l'OM. La cour d'appel de Paris avait aussi condamné l'homme d'affaires à restituer l'intégralité des sommes.

La décision de la Cour de cassation est un nouveau revers pour l'homme d'affaires, mais rien ne dit qu'il restituera les sommes dans un avenir proche: Bernard Tapie est, à titre personnel, en liquidation judiciaire et ses sociétés ont été placées en procédure de sauvegarde. La justice dispose pour l'instant d'environ 90 millions d'euros de biens saisis par les juges d'instruction enquêtant sur l'arbitrage, selon une source proche du dossier. Parmi eux, une somptueuse propriété à Saint-Tropez achetée 48 millions d'euros par l'ex-ministre.

Le chômage recule de 0,4 point au premier trimestre 2017

C'est le chiffre le plus bas depuis 2012. Le taux de chômage a baissé de 0,4 point au premier trimestre 2017, pour s'établir à 9,3% de la population active en métropole et 9,6% pour tout le pays, a annoncé l'Insee jeudi. Cet indicateur, mesuré selon les normes du Bureau international du travail (BIT), seules reconnues à l'international, retrouve son niveau du début de mandat de François Hollande en métropole (9,3% au 2e trimestre 2012), et est même inférieur en France entière (9,7% au 2e trimestre 2012).

Au sens de l'Insee, le chômage n'a donc pas augmenté sur l'ensemble du quinquennat Hollande. La décrue du premier trimestre intervient après deux années consécutives de légère baisse (notamment -0,2 point en 2016). L'institut national de la statistique a comptabilisé 2,7 millions de chômeurs en France métropolitaine, soit une diminution de 115 000 sur le premier trimestre. Le nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi, lui, s'élevait fin mars à 3,51 millions. Le recul enregistré a d'abord profité aux jeunes (-1,5% sur le trimestre, -2,6% sur un an), puis aux personnes de 25 à 49 ans (-0,4% sur le trimestre, -0,6% sur un an) mais le chômage est resté stable pour les 50 ans et plus, détaille l'Insee.

Achat de Whatsapp: grosse amende pour Facebook

110 millions d'euros à payer. Bruxelles a infligé jeudi une lourde amende au réseau social américain Facebook car il a fourni des renseignements inexacts pendant l'enquête de l'Union européenne (UE) sur son rachat de l'application mobile WhatsApp. En 2014, au moment où la Commission européenne se penchait sur cette acquisition pour voir si elle était conforme aux règles de la concurrence, Facebook avait affirmé qu'il ne pouvait pas fusionner automatiquement les comptes de ses utilisateurs avec ceux de WhatsApp. Or c'est justement ce qu'a fait l'entreprise en août 2016, en modifiant la politique de confidentialité de WhatsApp. Ceci a permis d'utiliser les données récoltées sur cette application pour proposer une publicité ciblée sur les autres applications du groupe.

Cette amende est "proportionnée et dissuasive", a indiqué l'un des porte-parole de la Commission européenne, Ricardo Cardoso, soulignant que l'exécutif européen avait tenu compte du fait que Facebook s'était montré coopératif pendant la procédure d'infraction. Réagissant à l'annonce de jeudi, Facebook a déclaré: "L'erreur que nous avons faite dans les documents fournis en 2014 n'était pas intentionnelle et la Commission a confirmé que cela n'a pas eu d'impact sur le résultat de l'examen de la fusion", a-t-il dit. "L'annonce d'aujourd'hui clôt l'affaire", a-t-il ajouté.